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La petite bibliothécaire

Articles avec #romans etrangers tag

"Le petit paradis" : totalitarisme et intériorité

24 Mars 2020 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

Le petit paradis de Joyce Carol Oates  (Philippe Rey)

En voilà un joli titre en période de confinement ! Joyce Carol Oates explore tous les styles littéraires. Cette fois, c'est une dystopie qu'elle nous propose, dans une Amérique du futur où une adolescente se retrouve victime d'un régime totalitaire. Elle est envoyée dans l'Amérique des années 50, condamnée à perdre son identité et ses repères.

C'est une façon intéressante d'aborder la quête d'identité des adolescents, les premières amours et la solitude. Mais ce n'est pas, à mon avis, le roman le plus réussi de la prolifique et géniale auteure. Un roman moins bien réussi d'une auteure géniale... Cela reste donc un bon roman ! Mais le contexte et l'univers dans lesquels les personnages évoluent (celui du futur comme celui du passé) sont à mon sens un peu trop rapidement brossés. Je suis restée un peu sur ma faim...

"Un livre de martyrs américains" : quand les contraires s'attirent.

24 Janvier 2020 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

Un livre de martyrs américains  de Joyce Carol Oates  (Philippe Rey)

C'est une constante depuis plusieurs années pour moi : quand je vis un moment difficile ou du moins perturbé de ma vie, je prends un livre de Joyce Carol Oates car je suis sûre que je ne serai pas déçue et bien accompagnée le temps de ma lecture. Et quand ce livre fait 860 pages comme ici, j'ai la certitude que mon horizon se sera éclairé avant la fin de ma lecture !

Une fois encore, le talent de Joyce Carol Oates fait mouche : ce solide roman met en scène un assassin imbibé de délires christiques et une victime persuadée de sa toute puissance... Les deux portraits se croisent, se rejoignent, et l'histoire se poursuit auprès de leurs filles, marquées durablement par le drame.

Tout le talent de l'auteure est de rendre ces personnages infiniment plus complexes que je ne les décris, profonds, terriblement différents et en même temps souvent proches. C'est aussi un portrait de l'Amérique conservatrice VS l'Amérique progressiste qui trouve forcément un écho dans l'actualité.

Un livre magnifique, comme toujours.

"Le nouveau nom" : une suite parfaite.

22 Septembre 2018 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

Le nouveau nom : l'amie prodigieuse, tome 2  d'Elena Ferrante  (Gallimard)

Après un premier tome convaincant (voir ici ), nous retrouvons Elena et sa fascinante amie dans cette Naples des années 60. Maintenant jeunes filles, l'une suit des études et tente de s'extraire du quartier et de sa violence, l'autre mariée, est désormais plus aisée grâce à l'argent de divers trafics... A cette période charnière de la vie, tiraillée entre émancipation et attachement, les deux héroïnes vont affronter ensemble les péripéties de leurs vies personnelles.

L'écriture est toujours aussi fluide, et l'histoire, pleine de rebondissements, se dévore.Quelques longueurs apparaissent cependant au cours du roman, mais rien que ne vienne gâcher l'impression générale si plaisante !

"Femme interdite" : femmes au Yémen.

16 Juin 2018 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

Femme interdite  d'Ali Al-Muqri  (Liana Levi)

Cet auteur yéménite a pris le risque, dans ce roman, de parler de la condition et de la sexualité des femmes dans son pays. A travers le parcours d'une jeune femme, qui va osciller entre liberté et coercition, il décrit les courants contradictoires qui secouent le Yémen. A la fois ouvert sur le monde et réactionnaire, le pays laisse très peu d'espace aux femmes.

Ce roman a donc le mérite de parler de ce sujet et de nous éclairer sur la position contradictoire des yéménites d'aujourd'hui. Cependant, on ne peut pas dire que l'auteur fasse des miracles : l'écriture (probablement mal servie par une traduction hésitante) est sans intérêt. Et l'auteur a bien du mal à se mettre dans la peau d'une femme : il en ressort beaucoup de clichés...

Mais c'est un roman ambitieux, qui, s'il 'natteint pas ses promesses, ouvre une porte sur un univers méconnu...

"L'amie prodigieuse" : une amitié hors du commun.

19 Mai 2018 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

L'amie prodigieuse  d'Elena Ferrante  (Gallimard)

Le premier tome de cette série ayant rencontré un immense succès m'a beaucoup plu. L'auteure nous embarque dans une histoire d'amitié dans un quartier populaire de Naples, au début des années 50. On voit grandir deux enfants, qui deviennent des jeunes filles puis des femmes dans un univers marqué par la violence et la pauvreté.

La narratrice va s'émanciper grâce à l'école mais sa meilleure amie, personnage riche et profond, va connaître un parcours plus contrasté. C'est ce personnage de Lila qui fait tout l'intérêt du roman : formidablement bien dépeint, il nourrit le récit et son évolution tient le lecteur en haleine.

Si l'écriture et la construction du roman ne sortent pas de l'ordinaire, les personnages attachants nous passionnent et méritent qu'on découvre ce roman!

"Je te retrouverai" : la quête du père.

13 Octobre 2017 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

Je te retrouverai  de John Irving  (Seuil)

C'est un pavé, mais un pavé passionnant! Ce roman de John Irving est une petite merveille, une histoire contée comme d'habitude à la perfection. On y parle de la recherche du père, de tatouages, de théâtre, de cinéma et d'écriture...

C'est un roman riche, qui permet de voir grandir et évoluer son héros. On vit au début du roman son enfance, et à la fin du livre c'est autre interprétation de l'histoire que l'on découvre. Cette mise à distance, ce regard neuf apporté par le narrateur sur son propre récit est une prouesse littéraire.

Et comme d'habitude avec John Irving, l'écriture parfaite sait trouver le juste milieu entre qualité et plaisir de la lecture.

"Nous étions les Mulvaney" : la fin du rêve américain.

22 Juillet 2017 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

Nous étions les Mulvaney  de Joyce Carol Oates   (Stock)

Ce roman de Joyce Carol Oates reprend les thèmes chers à l'auteure. On y retrouve aussi son écriture envoûtante, son art du suspens et des descriptions parfaitement maitrisées.

A travers l'histoire d'une famille américaine presque normale, dont chaque personnage est dépeint avec finesse et profondeur, on suit la chute de l'american dream de ses membres. Quand certains s'accomodent d'être mis au ban de la société, d'autres sombrent douloureusement...

On y constate aussi toute la violence qu'impose la société aux femmes : comment une double peine s'applique implacablement pour une victime féminine...

Si ce n'est, à mon sens, pas son meilleur roman c'est certainement une histoire tout à fait accessible pour découvrir l'univers de Joyce Carol Oates!

"L'opticien de Lampesuda" : de la promenade en mer à la violence du monde.

2 Juin 2017 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

L'opticien de Lampedusa  de Emma-Jane Kirby  (Equateurs)

C'est un roman fort, sur un sujet brûlant : la vie tranquille d'un opticien de Lampedusa est définitivement bouleversée lorsqu'il est témoin du naufrage d'un bateau de migrants. Il se retrouve alors à risquer sa vie pour en sauver d'autres, et surtout à devoir constater la mort de nombreux hommes, femmes et enfants sous ses yeux...

On ne peut, à la lecture de ce roman, s'empêchait de se dire "Qu'aurais-je fait à sa place? Et que puis-je faire en sachant que cette histoire décrit une réalité quasi quotidienne?". C'est un livre qui chamboule, mais sans être trop larmoyant.

Je regrette cependant que les personnages ne soient pas assez travaillés : si l'histoire est intense, les personnages sont insuffisamment développés...

Un roman à découvrir, pour ne plus faire semblant d'ignorer!

 

"Bellefleur" : histoire de famille et grand livre.

18 Mai 2017 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

Bellefleur de Joyce Carol Oates   (Stock)

C'est un roman aussi volumineux que dense, une sorte de saga familiale étrange et spectaculaire. La structure incroyable de ce livre de 800 pages fait que l'on ne se lasse jamais, et que le lecteur reste toujours en tension, avide de connaître la suite.

Les personnages sont fouillés, le décor semble apparaître sous nos yeux au fur et à mesure de la lecture, les histoires entremêlées sur plusieurs générations (six tout de même!) sont fascinantes.

En plus d'être un roman passionnant et intrigant, c'est une oeuvre littéraire vraiment admirable de part sa structure. Alors si les livres épais ne vous effrayent pas, plongez vous dans l'univers de la famille Bellefleur!

 

"L'enjoliveur" : en direct des années 50.

14 Février 2017 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

L'enjoliveur de Robert Goolrick   (Editions Anne Carrière)

Le texte court est percutant, le style est parfait, le récit construit avec soin : ce nouveau roman de Robert Goolrick est une fois de plus un petit bijou. Il se lit vite, et on a d'ailleurs bien du mal à le poser.

C'est une presque une nouvelle, dans laquelle on retrouve les thèmes de prédilection de l'auteur : l'enfance et ses souffrances, l'absence des parents, l'alcool, les voitures (et les objets) des années 50... Formidable conteur, Robert Goolrick, avec son univers si particulier, signe là un petit livre parfait pour découvrir son style !

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