Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La petite bibliothécaire

"Soul kitchen" : comme un goût de réchauffé...

28 Mai 2013 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

Soul kitchen de Poppy Z. Brite (Au diable Vauvert)

Voici le troisième volet des aventures de G-man et Rickey. J'avais lu les deux premiers romans avec plaisir et j'étais heureuse de connaître la suite... Mais je suis restée sur ma faim. En effet, dans cet univers culinaire si particulier, les deux héros vont se frotter à des personnalités puissantes et maléfiques issus de la bourgeoise de la Nouvelle-Orléans, tout en concoctant de bons petits plats, comme dans les précédents opus.

Et ce roman m'a semblé bâclé... L'histoire est assez fade et seules les descriptions de l'ambiance des restaurants et du bayou restent savoureuses. Si la plus grande partie du livre est consacrée à une intrigue plutôt sombre qui tourne autour d'un meurtre et de l'addiction aux médicaments, la fin est un "happy-end" dramatiquement banal.

Heureusement, subsiste parmi toutes ces platitudes l'écriture de Poppy Z. Brite, qui reste originale et entraînante. C'est par sa plume qu'elle m'a tenue en haleine et certainement pas grâce à son histoire tirée par les cheveux et peu intéressante...

"L'amour en plus" : nature et culture.

21 Mai 2013 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #Essais, documentaires

L'amour en plus : histoire de l'amour maternel, XVIIème-XXème siècle d'Elisabeth Badinter (Flammarion)

C'est un essai publié il y a plus de trente ans mais toujours édifiant : la philosophe, partant du postulat que l'amour maternel est ambivalent, nous livre une passionnante histoire des femmes, de la maternité et de l'éducation.

L'instinct maternel, un sentiment évident ? Elisabeth Badinter, nous rappelle les pratiques anciennes, telle que la mise en nourrice, qui privaient les enfants de leurs parents pendant des années... C'est un éclairage indispensable sur la parentalité, la maternité et la féminité. On y lit les théories misogynes de Freud ; on y comprend mieux les dilemmes quotidiens que connaissent les femmes et mères d'aujourd'hui, héritage de plusieurs siècles de société patriarcale.

Écrit dans les années 80, le livre se termine avec enthousiasme sur les progrès de l'égalité homme-femme... Mais on peut constater qu'aujourd'hui les choses n'ont pas toujours évoluées dans le bon sens... C'est une ouverture sur l'Histoire et sur le futur que nous offre Elisabeth Badinter, et c'est un livre brillant à lire (si ce n'est pas déjà fait!), tout simplement.

"La vérité sur l'affaire Harry Québert" : déçue...

11 Mai 2013 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans français

La vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker (De Fallois)

Ce roman, primé plusieurs fois, semble faire l'unanimité autour de moi depuis plusieurs mois. Et c'est vrai que c'est un bon roman. Les quelques 650 pages se lisent facilement, le rythme est bon, l'écriture précise.

Le premier tiers du roman est parfait : l'écriture est simple mais efficace, on est tenu en haleine par une histoire intéressante, des personnages plutôt complexes et un sens de la construction narrative de l'auteur tout à fait hors du commun.

Mais certains aspects de l'histoire m'ont un peu gâchée la lecture... L'intrigue devient essentiellement policière (je ne m'attendais pas à ça et cela m'a vraiment déçu) alors qu'une réflexion intéressante sur l'écriture s'était construite au début du livre ; des éléments de l'histoire sont vus et revus (j'ai eu l'impression d'être dans une série B pendant une vingtaine de pages) et surtout... Pourquoi diable avoir choisi les États-Unis comme lieu de narration? Ça n'apporte absolument rien à l'histoire et venant d'un auteur suisse francophone, on a du mal à comprendre l'intérêt. Cela m'a questionné pendant toute ma lecture... Et je suis vraiment dubitative. J'espère que ce choix n'a pas été fait dans le but d'être plus "vendeur"...

Finalement, si j'avais écrit ma critique au terme des 200 premières pages, elle aurait été dithyrambique ; au terme des 400 premières pages, elle aurait été conciliante mais là, une fois le livre refermée, elle est amère...

Cependant je vous conseille tout de même de prendre le temps de lire ce roman et de vous forger votre propre opinion tout en passant un bon moment de lecture.

Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs