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La petite bibliothécaire

"Mort d'une prima donna slovène" : subtil et envoûtant.

25 Février 2011 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

51JXYT65K8L SL160 AA160Mort d'une prima donna slovène  de Brina Svit  (Gallimard)

 

 

Puisque j'ai quelques liens avec ce petit pays méconnu, j'ai voulu lire un des romans de l'auteure slovène la plus connue : Brina Svit. Ce roman est particulièrement original, pour sa structure et ses personnages. Le narrateur est censé justifier auprès d'un jury le choix d'une chanteuse d'opéra comme "slovène du siècle". Mais en vérité, il va nous conter une histoire troublante, puissante et mystérieuse...

Ses liens avec la prima donna sont plutôt particuliers : ils ne sont pas vraiment amis, ne sont pas en couple, ne se doivent rien, mais semble étrangement attirés l'un vers l'autre et font un bout de chemin ensemble, entre Madrid, Milan et Ljubljana. Ce sont des personnages complexes, légèrement perturbés et complètement insaisissables.

L'auteure arrive à nous laisser nous attacher à ses personnages fuyants, mystérieux. Ce roman m'évoque un voile à peine soulevé, qui attise désir et curiosité sans générer de frustration. C'est là toute la puissance de cette histoire qui navigue entre deux eaux tout en étant parfaitement maîtrisée. C'est un petit miracle d'équilibre que nous offre Brina Svit. Un roman fort et qui laisse au lecteur une large part d'imagination... A lire!

"La cote 400" : ou le cri de la bibliothécaire sauvage.

18 Février 2011 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans français

41TP-08uMaL AA115La cote 400 de Sophie Divry  (Les allusifs)

 

 

C'est un court roman, qui ressemble à un monologue haletant, écrit comme le cri aussi drôle que douloureux d'une... bibliothécaire. Alors forcément je me suis sentie concernée. J'ignore si l'auteur est aussi bibliothécaire, en tout cas elle connaît parfaitement les ressorts tragi-comiques de notre métier!

Ceci étant dit, je pense qu'on peut apprécier ce roman même sans travailler en bibliothèque. Enfin... Vous me direz ça! C'est l'histoire d'une bibliothécaire qui passe sa vie à classer, ranger, honorer Dewey à longueur de journée et qui en a oublié d'aimer. Évidemment, dit comme ça, ça fait un peu gnan-gnan. Et le roman évite de justesse cet écueil. L'écriture fine et la construction de l'histoire (qui commence bien sagement et finit en "craquage total" de la narratrice) donne une certaine qualité au roman.

C'est surtout un livre que j'ai apprécié pour le côté sociologique. Parce qu'il y en a, des choses à dire sur ce métier mal connu et souvent mal considéré! Alors une fois passé le côté caricatural, on peut rire des travers de nos amis les bibliothécaires. C'est une race à part : toujours un peu en retard, toujours un peu à côté de la plaque, engoncée dans ses règles et ses codes mais finalement affectueuse et pleine de bonne volonté... isn't it?

 

"Moins que zéro" : argent, drogues et désillusions : un mélange efficace!

10 Février 2011 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

41tVbLAL9vL AA115Moins que zéro  de Bret Easton Ellis   (Robert Laffont)

 

 

C'est un livre qui a marqué son époque (les années 80) et dont la suite, Suite(s) impériale(s) est sorti cet automne.

Le narrateur, Clay, 18 ans, passe ses vacances chez ses parents, à Los Angeles. Il retrouve ses amis, tous issus du même milieu social : la jeunesse dorée, et tous laissés à eux-mêmes, désabusés, drogués jusqu'à la moelle. Les adultes sont quasiment absents de ce monde parallèle où le héros navigue. Les quelques jours racontés seront émaillés de rencontres, de découvertes macabres et de fêtes délirantes.

L'écriture est simple, dépouillée, elle laisse une grande part à l'histoire et au héros. Rien de trop dans ce livre, rien d'artificiel, c'est avec une étonnante simplicité que l'auteur nous emporte dans le monde tourmenté du narrateur. L'atmosphère est parfaitement bien décrite, on ressent que chaque mot a été choisi avec soin, rien n'est laissé au hasard.

Je regrette juste le nombre un peu trop important de personnages (j'ai toujours du mal avec ça!) qui fait qu'on se mélange légèrement les pinceaux parfois.

Un roman superbe, triste et violemment réaliste...

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