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La petite bibliothécaire

"jPod": du rire et des geeks.

28 Mars 2010 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

jPod de Douglas Coupland   (Au diable Vauvert)


J'ai tout de suite accroché avec ce roman résolument bizarre et contemporain. C'est l'histoire assez surréaliste d'une équipe de geeks chargés de créer un jeu vidéo médiocre. Le héros, Ethan, a une famille plutôt originale et des amis assez encombrants... Et cette joyeuse petite troupe nous entraîne dans une histoire où il est question de clandestins chinois, d'immobilier, de jeux vidéos, de défis idiots, de Ronald MacDonald et de drogues... Entre autres.
C'est un roman vif, entrecoupé de petits délires numériques, une histoire sans prétention mais pleine d'humour, de verve et de fraîcheur. Une des originalités du roman est la  présence de l'auteur dans l'histoire, sous son propre rôle. On peut trouver ça prétentieux et un peu lourd... Mais j'ai beaucoup aimé cette idée qui colle tout à fait au roman et ce personnage d'écrivain profiteur qui est particulièrement drôle et réussi.
Voilà un livre que je vous conseille, pour ses personnages truculants, son intrigue déjantée et son écriture originale!

"Banlieue noire": déçue mais fascinée.

27 Mars 2010 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans français

Banlieue noire  de Thomté Ryam   (Présence africaine)


Je ne peux pas dire que j'ai apprécié ce roman. Pourtant, il a quelque chose d'électrique qui a retenu mon attention et m'a interdit de le lâcher avant la fin. Un roman qu'on n'aime pas mais qu'on lit en deux jours... C'est original!
J'ai trouvé l'écriture médiocre, oscillant entre l'oralité retranscrite et le texte littéraire "classique". Cela donne une impression désagréable à la lecture, un "ni fait ni à faire" qui n'aide pas le lecteur à entrer dans l'histoire... Et pourtant! La galerie de personnages est assez fascinante, tous sont parfaitement dépeints et crédibles. Le personnage principal, Sébastien, est particulièrement attachant. On a envie de le suivre dans sa descente aux enfers, on ne veut pas le lâcher...
L'histoire est en effet celle de cet adolescent de banlieue qui ne vit que pour sa passion du foot et pour ses copains. C'est l'histoire de son quartier, de son collège. Une histoire violente, troublante, mais aussi pleine de gouaille.
Je vous conseille ce roman, ne serait-ce que pour ses personnages. Mais quel dommage que l'écriture ne soit que médiocre car le roman aurait été parfait avec plus de style!

"Des corps en silence": un roman sensible

22 Mars 2010 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans français

Des corps en silence  de Valentine Goby  (Gallimard)


C'est un roman tout en atmosphères, en fluidité et en féminité. L'écriture de Valentine Goby est très particulière, basée sur un rythme ternaire envoûtant et une mélancolie palpable. Ce qui rend ses romans un peu tristes, un peu déprimants parfois.
Ici nous suivons deux femmes, à deux époques différentes. Une épouse bafouée au XIXème siècle, siècle de l'écrit, du journal tout puissant. On est plongé dans cette époque avec facilité et bonheur. Le deuxième personnage est une femme d'aujourd'hui, souffrant d'un divorce et aimant sa fille plus que tout. Une femme au bord du gouffre, qui craque et dont on suit la chute maîtrisée.
Deux femmes dont les voix se mêlent (avec un bel effet stylistique pour passer d'un chapitre à l'autre), deux femmes universelles que l'amour ronge et nourrit tout à la fois.
C'est un beau livre, dont j'ai beaucoup aimé la fin (je craignais une chute trop "plombante", mais il n'en est rien). Je vous le conseille, pour la beauté de la langue et de l'histoire.

"Crise d'asthme": haletant.

19 Mars 2010 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #nouvelles

Crise d'asthme  d'Etgar Keret   (Actes Sud)


Ce recueil de quarante-huit nouvelles nous entraîne dans un monde parallèle: un monde où chaque mot compte. C'est avec une précision quasi-scientifique que l'auteur travaille la langue. Les nouvelles font quelques pages à peine, juste le temps d'une crise d'asthme...
Les thèmes sont divers: l'amour, la magie, l'abandon, la guerre aussi (Keret est un jeune auteur israélien)... En plus d'une écriture chiadée et d'une traduction consciencieuse, l'univers de l'auteur est particulièrement poétique. C'est un plaisir de lire ces textes courts, haletants, rêveurs... Et qui s'enchaînent parfaitement, ce qui permet une lecture continue. Je vous recommande donc ces précieuses petites fictions!

"La vie secrète de E. Robert Pendleton": bof.

16 Mars 2010 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

La vie secrète de E. Robert Pendleton  de Michael Collins   (Christian Bourgois Editeur)


Je n'ai pas vraiment accroché avec ce roman proche du roman policier. Un universitaire et écrivain rate son suicide et se retrouve impotent. Une de ses étudiantes décide de s'occuper de lui (pas vraiment par altruisme d'ailleurs) et découvre un roman oublié depuis longtemps où il relate un meurtre jamais élucidé avec une précision troublante.
Ce qui m'a déçu dans ce livre, c'est que le personnage principal (le fameux E. Robert Pendleton) est rapidement relégué au rang de faire-valoir. C'est dommage parce que c'est un personnage que je trouvais attachant et intéressant. A la place nous suivons les aventures d'Adi, son étudiante. Et j'ai beaucoup moins aimé ce personnage, plutôt mal travaillé je trouve.
Un peu déçue donc, et pas emballée par l'écriture... Mais "ça se lit".

"Parade": voyage au coeur d'une étrange colocation...

9 Mars 2010 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

Parade de Shuichi Yoshida  (Editions Philippe Picquier)


C'est un roman sur le Japon, sur la colocation et sur le désespoir. Rien que ça... Et c'est un roman très réussi! Cinq jeunes japonais se partagent un appartement, et nous parlent tour à tour. Ils sont, chacun à leur manière, paumés et représentatifs de leur génération.
C'est une écriture à la fois précise et empreinte d'une nostalgie et d'une douleur sous-jacente. Une forme de désespoir non pas flagrante mais presque imperceptible, pleine de retenue. L'écriture de Yoshida me fait penser à celle de Ballard pour sa maîtrise.
On est entrainé dans l'histoire, on ne lâche plus ce roman et cette "parade" fascinante nous renvoie en écho nos propres existences. Le fait de vivre ensemble ne semble que forcer chaque solitude et la jeunesse n'est plus synonyme d'espoir pour les personnages. Les obsessions, le quotidien, la folie ordinaire forment une trame prégnante.
C'est un roman prenant, puissant et angoissant. A lire, absolument.

"Alcool": à consommer sans modération!

7 Mars 2010 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans étrangers

Alcool  de Poppy Z. Brite   (Au Diable Vauvert)


Ce roman me faisait de l'oeil depuis plusieurs mois sur son rayonnage. Comme il est assez épais j'ai attendu quelques jours de vacances avant de me plonger dans sa lecture... Et je ne regrette pas!
L'histoire se passe à la Nouvelle-Orléans où deux jeunes cuistots amoureux, un peu paumés et passionnés tente d'ouvrir leur propre restaurant. Ils ont un concept: tous les plats seront cuisinés à base d'alcool. 
Pas de digressions dans ce roman, seule cette intrigue nous occupe. C'est un peu le défaut du livre, qui a un côté trop linéaire à mon goût. L'écriture est bien ryhtmée, les rebondissements sont bien amenés (même si tout y est un peu prévisible) et les personnages ont tous une ambiguité qui apporte juste ce qu'il faut de profondeur. Petit bémol: 90% du roman est composé de dialogues. Cela plaira beaucoup à certains mais en bonne littéraire je suis un peu sceptique quant à cette facilité d'écriture...
Mais c'est un roman efficace, sympathique, qu'on ne lâche pas. Pas aussi trash que d'autres auteurs publiés au Diable Vauvert mais suffisamment divertissant pour que je vous le recommande chaudement!

"Qui touche à mon corps je le tue": mélancolie et violence.

6 Mars 2010 , Rédigé par la petite bibliothécaire Publié dans #romans français

Qui touche à mon corps je le tue  de Valentine Goby  (Gallimard)


C'est le titre qui m'a plu en premier dans ce livre, un titre que je trouve particulièrement beau et marquant. Le roman en lui-même l'est également, dans une moindre mesure cependant.
C'est un roman polyphonique, deux voix de femmes et une voix d'homme. Une avorteuse, une avortée et le bourreau qui doit mettre fin aux jours de celle qui a commis ce qui dans les années 40 était encore un crime: l'avortement. Même si le sujet prête à la réfléxion d'ordre général c'est en fait un roman intimiste que nous propose l'auteure.
Les personnages sont tout en nuance et en profondeur, et l'écriture, bien que très classique se prête parfaitement au sujet. Un roman fort, empreint de féminité et de souffrance. A lire.
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